Les sépultures sont communes et sont des paysages.

Louis de Saint-Just

Le bateau se fait double

et derrière lui la traîne s’enfle

puis se recoud dans l’eau, la brume.

 

Tandis que sous le soleil

la gaze dans le silence

se dispute avec le néant

ce qui habite la transparence.

 

Dans la longue fatigue étendue au-dehors,

ses vapeurs de femme gravide,

son indifférence à elle-même

et le très haut bourdonnement de son corps,

 

dans le désir impuissant de revenir d’ailleurs,

les yeux cherchent calmement

un lent souffle sans mots,

un cœur entre les doigts,

qui brille sur le visage.

 

Rare et partout qui se fait face,

même absent le regard en aplomb de la ville

ne se ferme pas, se multiplie,

s’engendre d’un après,

même quand rien n’est

ni jamais ne sera arrivé.

 

Une voiture attend le long d’un trottoir,

on n’attend pas mais sa portière est vide.

On imagine ce qu’on se dit

et on reste en cette vile,

 

ses trajectoires et ses murs de côté.

Les bras vers les genoux s’allongent,

devant la fenêtre, en bas,

le bateau se fait double.

 

Guillaume Boppe

Le bateau se fait double

et derrière lui la traîne s’enfle

puis se recoud dans l’eau, la brume.

 

Tandis que sous le soleil

la gaze dans le silence

se dispute avec le néant

ce qui habite la transparence.

 

Dans la longue fatigue étendue au-dehors,

ses vapeurs de femme gravide,

son indifférence à elle-même

et le très haut bourdonnement de son corps,

 

dans le désir impuissant de revenir d’ailleurs,

les yeux cherchent calmement

un lent souffle sans mots,

un cœur entre les doigts,

qui brille sur le visage.

Rare et partout qui se fait face,

même absent le regard en aplomb de la ville

ne se ferme pas, se multiplie,

s’engendre d’un après,

même quand rien n’est

ni jamais ne sera arrivé.

 

Une voiture attend le long d’un trottoir,

on n’attend pas mais sa portière est vide.

On imagine ce qu’on se dit

et on reste en cette vile,

 

ses trajectoires et ses murs de côté.

Les bras vers les genoux s’allongent,

devant la fenêtre, en bas,

le bateau se fait double.

 

Guillaume Boppe

Les sépultures sont communes et sont des paysages.

Louis de Saint-Just

Le bateau se fait double

et derrière lui la traîne s’enfle

puis se recoud dans l’eau, la brume.

 

Tandis que sous le soleil

la gaze dans le silence

se dispute avec le néant

ce qui habite la transparence.

 

Dans la longue fatigue étendue au-dehors,

ses vapeurs de femme gravide,

son indifférence à elle-même

et le très haut bourdonnement de son corps,

 

dans le désir impuissant de revenir d’ailleurs,

les yeux cherchent calmement

un lent souffle sans mots,

un cœur entre les doigts,

qui brille sur le visage.

 

Rare et partout qui se fait face,

même absent le regard en aplomb de la ville

ne se ferme pas, se multiplie,

s’engendre d’un après,

même quand rien n’est

ni jamais ne sera arrivé.

 

Une voiture attend le long d’un trottoir,

on n’attend pas mais sa portière est vide.

On imagine ce qu’on se dit

et on reste en cette vile,

 

ses trajectoires et ses murs de côté.

Les bras vers les genoux s’allongent,

devant la fenêtre, en bas,

le bateau se fait double.

 

Guillaume Boppe